07.12.2011

PLAN GENERAL

0 Introduction

   Les marches en uniformes belges mêlent harmonieusement l'aspect religieux et l'amour du pays. Mais les compagnies napoléoniennes sont anti-belges et anti-européennes.

1 Napoléon et Hitler 

similitudes

2 Europe 

antirévisionnisme à propos de l’épopée napoléonienne

3 Belgique wallonne 

déjà la tentation de l’extrême-droite en 1940-45

4 Belgique 

position de la communauté juive belge

5 Europe 

remontée de l’extrême-droite

6 Belgique

 

oubli de la Mémoire et remontée du révisionnisme

 

7 Révisionnisme dans les Marches folkloriques

7.1 Révisionnisme prénapoléonien

 

7.2. Révisionnisme napoléonien

 

7.2.1 Défilés

7.2.1.1 Marches renégates

7.2.1.2 Cortèges

 

7.2.2 Obsessions

7.2.2.1 Culte de la personnalité: le culte de l’Empereur préparant le culte du Führer

7.2.2.2 Embrigadement des jeunes; drapeaux; musique; Napoléon défile; presse; publicité

 

= caractéristiques retrouvées dans l’extrême-droite

 

7.3 Révisionnisme postnapoléonien

 

7.4 Dérives diverses

 

8 Réactions anti-napoléoniennes

 

2009VA2206Meux

 

(défilé folklorique à Meux - in: Vers l'Avenir, 22/06/2009) (Nous sommes en plein délire!)

14:53 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

20.05.2009

0 Introduction: statues opposées: le mamelouk (ancien SS, soldat de Napoléon) contre le tambour-major (belge)

0Mameloukscontetambourmajôr

09:10 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

0 Introduction : Marches napoléoniennes et extrême-droite

Marches napoléoniennes et extrême-droite

 

… le piège universel du culte de la personnalité,

l’éternel recommencement

 

 

 

 

Il est temps d'avertir ceux qui, pour les grandes occasions, aiment à s'affubler du bonnet de grognard, qu'il va leur falloir à présent assumer leurs inavouables prédécesseurs. Car les deux plus grands admirateurs de Napoléon furent Adolf Hitler et Benito Mussolini, dont personne ne saurait ignorer qu'ils firent du racisme, plus qu'une doc­trine, un programme.

 

Ribbe Claude, Le crime de Napoléon, éd. Privé 2005

 

 

Pour des marches en costumes belges, politiquement propres…

(sites :

http://belgian-army-uniforms-in-pictures.skynetblogs.be   (280 uniforms)

 

http://entre-sambre-et-meuse-marches-belges.skynetblogs.be  )

 

 

 

 

Prolégomènes

 

Quelques réflexions préliminaires

 

Napoléon,

le boucher de l’Europe,

bien que mort

a un service de presse bien organisé.

 

Julos Beaucarne

 

 

«Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit:

à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit.»

NAPOLEON

 

 

 

/Il faut signaler/ la belle unanimité des antisémites célébrant le souvenir de l'Empereur.

 

(in : Birnbaum Pierre, L’Aigle et la Synagogue, Napoléon, les Juifs et l’Etat, éd. Fayard, 2007, p.23)

 

 

Michel Edmond Ghanem, président du Corps scientifique de l’UCL,  in : Louvain, 175, 2008, p.8 :

 

« (…) notre métier repose sur la remise en question permanente des ‘évidences’. En tant que scientifiques, notre devoir est de nous attaquer aux mythes et aux habitudes de pensée qui alimentent l’inertie et l’immobilisme dans notre société, mais aussi dans notre Université. Si nous n’y sommes pas prêts, c’est que nous nous sommes trompés de métier. »

 

 

« A propos des hommes politiques maintenant. Eh bien, Eh bien, ‘mès djins’, ne déifiez pas ces hommes prétendûment grands qu’ont été César, le p’tit père des peuples (Staline), le grand Timonier (Mao), le Führer et beaucoup d’autres dictateurs passés et à venir. « Parce qu’il n’y a pas un seul pouvoir qui vienne de l’homme, de la politique ou de la religion qui soit tout à fait fiable. Il n’y a qu’un ‘bon Diè’, qui est ‘ôtrumint’ (autrement). »

 

(Que l’on soit croyant ou non ; in P.W., Fêtes de Wallonie / 29e prétchemint de l’abbé Paul Malherbe, à l’église St-Jean (Namur), VA 18/09/2007))

 

 

 

Concernant les marches folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse

 

Napoléon et nos marches

 

Blaimont Marc, Réflexions sur le folklore, l’histoire locale et le tourisme, in : Le Marcheur, 169, sept.2003

p.12-14

« Qui connaît encore la signification des noms de rues, des lieux-dits, l’origine des potales placées aux coins des rues, (...) ? Cet oubli constitue un véritable danger social car l’ignorance entraîne le vandalisme, et les liens qui unissent l’homme à la terre, doivent être maintenus et fortifiés si l’on veut éviter de voir se multiplier encore le nombre de déracinés. »

 

Anonyme, in: TEMPS MORT, juillet 1997

Les marches militaires folkloriques

Se souvient-on vraiment de ce que représentent nos marcheurs de l’Entre-Sambre-et-Meuse déguisés en soldats de Napoléon ?

Se souvient-on vraiment de leur conduite et surtout de celle de leurs chefs ?

Se souvient-on vraiment des actes commis vis-à-vis de la population civile de l’époque ?

Vera-t-on bientôt défiler dans les rues de nos villages d’autres déguisements aux actes de violence similaires mais plus récents ?

 

 

« Ne relançons pas cette ridicule querelle du choix des uniformes du 2e ou du 1er Empire. » (c’est-à-dire le choix entre les uniformes belges ou napoléoniens). (Gheys René, Bon ou mauvais usage du bonnet de police, in : Le Marcheur , 155, 2000, p.25)

 

Bien au contraire : les marches dites napoléoniennes pratiquent un folklore politique douteux et, avec les associations napoléoniennes, elles préparent le culte d'Adolf Hitler, grand admirateur de Napoléon …, et le retour de l’antisémitisme – déjà observé en Belgique et dans le reste de l’Europe.

 

Assez bizarrement, comment peut-on être fier de défiler dans les costumes d’une armée de vaincus sinon par ignorance de l’Histoire ou parfois en étouffant des faits qui dérangent le culte de cette personnalité qu’était certainement Napoléon?

 

Comme les costumes portés rappellent inconstestablement l’épopée  napoléonienne,- vouée à l’échec -, qui a inspiré Adolf Hitler, comment peut-on ne pas considérer ces défilés militaires comme des marches pré-nazies ?

Comment cet aveuglement pourra-t-il empêcher la venue logique – suivant les paramètres de la réapparition de l’idéologie dite de l’extrême-droitede marches en costumes hitlériens ?

 

Le constat est grave. Il sera développé dans cette étude.

 

Voilà bien le piège universel du culte de la personnalité, un éternel recommencement …

 

 

 

Ribbe Claude, Le crime de Napoléon, éd. Privé 2005

 

L'esclavage et la traite sont des crimes contre l'humanité, donc imprescriptibles. Mais pourquoi s'en prendre à Napoléon, qui n'a peut-être fait que rétablir l'état des choses sans rien inventer ? C'est vrai, d'autres pourraient payer, sinon à sa place, du moins avec lui. Napoléon, on aurait presque pu l'oublier si, au fur et à mesure que le racisme est banalisé par l'évolution des techniques de commu­nication ou de propagande, on ne voyait étrange­ment renaître une ferveur bonapartiste qui coïncide exactement avec l'engouement pour l'extrême droite et l'envolée de ses scores électoraux.

 

La fascination des fascistes pour le dictateur fran­çais n'est pas nouvelle. Il est temps d'avertir ceux qui, pour les grandes occasions, aiment à s'affubler du bonnet de grognard, qu'il va leur falloir à présent assumer leurs inavouables prédécesseurs. Car les deux plus grands admirateurs de Napoléon furent Adolf Hitler et Benito Mussolini, dont personne ne saurait ignorer qu'ils firent du racisme, plus qu'une doc­trine, un programme.

 

 

 

Annexe :

Afin de ne pas perdre du temps à de sempiternelles discussions oiseuses :

 

 

Un autre exemple de perversité à l’encontre d’idées jug ées dérangeantes :

 

Sibony Daniel, Le « racisme », une haine identitaire, Bourgois éd. 1997

 

(p.136) /Exemple de racisme sur une chaîne de télévision/. Le présentateur déguisé en Le Pen chantait une chanson « Casser la voix » qui travestie devenait : « Casser du Noir. » Texte violemment xéno­phobe, mais emballé dans un contexte qui se veut comique.

A-t-il fait rire les Noirs - qui furent la cible précise de ce texte ? J'en doute. (Le Pen - le vrai -, interviewé, a dit que ses employés noirs n'étaient pas là, mais qu'ils auraient aimé; et la télé n'a pas pu en trouver d'autres...) En somme, l'une des deux parties - Le Pen - est venue « témoigner » et dire son contentement : c'était vraiment drôle, oui, oui... Mais l'autre n'est pas consultée (les Noirs, premiers concernés par le texte « Casser du Noir ») ; malgré la promesse du producteur, à l'antenne : « On donnera la parole à tout le monde, tous ceux qui

sont attaqués. »

 

(p.138) Si l'aspect "contenu raciste" n'est pas relevé par la justice, il y a risque de voir la méthode se répandre. Des contenus "racistes" seraient convoyés tranquillement sous pavillon "drôle". Or ce pavillon est facile à fabri­quer. Un extrait de Mein Kampf lu par un nounours sym­pathique ou par une colombe (l'imitation animale est plutôt positive) aurait un effet drôle qui ferait passer au second plan son contenu raciste, mais le ferait passer quand même.

Ainsi, excepté ceux qui sont la cible de la chanson, et ceux qui sont de vigilants "anti-racistes", on peut dire que pour la grande masse des fluctuants, cette émission pro­duit surtout un brouillage du sens - dans une société qui souffre un peu de la perte de sens et de ses repères sym­boliques. (…)

 

>> Ceci vaut aussi pour les marches napoléoniennes, où la majorité des marcheurs ne font pas encore le lien entre ce qu’ils portent et ceux qui l’ont porté au service d’un dictateur raciste.

Le risque est réel qu’un jour, on leur fasse porter d’autres habits bien plus tachés de sang…

 

 

(p.152) Les Juifs ont souvent été perçus comme le bouc émis­saire, les gêneurs, les auteurs de la faute quand faute il y a.

(p.158) Les nazis furent obsédés par l'effacement : effacer toutes ces traces juives, ainsi que les traces de l'efface­ment; (…).

 

(p.170) C’est la logique des systèmes totalitaires. « Les gens » n’y sont pas plus bêtes qu’ailleurs, ils voient bien que les (p.171) gestes de vie élémentaires, ces libertés que l'on prend avec la vie et grâce auxquelles elle est vivante, sont exclus. Alors, des individus

se révoltent. Mais est-ce vrai­ment pour prévenir? Tout le monde est prévenu. D'ail­leurs ces révoltés ne sont ni suivis ni entendus. Parfois on les prend pour des fous. Et ils finissent par le devenir. C'est peut-être là leur raison d'être : ils sont le point d'affolement du collectif; affolement qui prouve qu'il est encore vivant. Ils sont au point-frontière entre individu et groupe, là où la norme rend anormal et la raison rend fou. Elle « rend fous » les plus sensibles. Ils viennent craquer en ce point critique, comme des membres épuisés, des témoins éclatés, des corps sacrifiés pour que le groupe continue à croire qu'il y aura autre chose. Le système aussi a besoin de ces dissidents : ils mettent à nu sa crise mais en les traitant il peut croire qu'il la résout. Il s'active à être identique à lui-même. La folie de sa « raison », c'est la raison de leur « folie ».                                   

Parfois il les qualifie de « malades ». Ils le sont peut-être en plus. Ce qui est sûr, c'est qu'ils sont malades du système.

 

(…) les résignés n'aiment pas ceux qui, par leur révolte, les rappellent à une autre raison.                                      

 

(p.192) Le titillement de la scène « raciste » dit ce qu'elle a de plus pervers. Par exemple, qu'est-ce qui a pris tout récemment à l'abbé Pierre pour qu'il soutienne son ami Garaudy, qui soutient lui que les camps de la mort n'ont simplement pas existé? Qu'est-il arrivé à cet homme charitable? Un coup de bambou sur l'origine? quelque chose qui sur le tard l'a ramené en arrière, vers son origine d'abbé, grandi dans une Église qui pendant 2 000 ans a nourri le mythe du « Juif perfide » ? Curieu­sement, un autre homme en vue, F. Mitterrand, sur le tard aussi, s'est mis à étaler son passé pétainiste et ses liens prolongés avec - lui aussi, « un ami » - Bousquet, tueur de Juifs. Se compromettre pour un ami donne tou­jours une image « positive » : l'amitié forte, instinctive, s'affirme, dérangée par la rigueur de ces Juifs - encore eux - avec leur loi insupportable et leur mémoire sans fin...

D'où la scène perverse que cela déclenche :

-  Vous êtes Juif?

-  Oui.

-  Auschwitz, les chambres à gaz, tout ça... Vous n'en rajoutez pas un peu?

-  Non.

-  Eh bien, prouvez-le !

(p.194) -  Je n'ai pas sur moi tous les documents historiques, mais là-dessus, vous savez, il y a des bibliothèques.

-  Et j'ai une tête, moi, à aller en bibliothèque pour vos beaux yeux?

-  Alors quoi?

-  Il faut des documents clairs, nets, faciles à consulter.

-  Justement, j'ai sur moi une vidéo de poche, je vais vous projeter là, sur ce mur, des images, des extraits de Nuit et brouillard,  des  déclarations  d'anciens  nazis, extraites de Shoah (il vérifie que la pile marche, et il pro­jette. L'autre le coupe).

-  Ça ne prouve rien, votre truc est un montage.

-  Comment ! vous avez là des nazis qui se vantent de leurs crimes !

-  Justement, ils se vantent, ils prennent leurs désirs pour des réalités. Vous n'avez rien prouvé !

Le Juif range sa vidéo, songeur. Peut-on prouver une chose à ceux pour qui cette chose revient à reconnaître ceux qu'ils haïssent?

Entre-temps, d'autres ont crié et protesté : « C'est prouvé ! l'incident est clos. On passe à autre chose ! »

Mais la scène peut se mettre en place à tout instant. Sa perversion? Convoquer l'autre à sa limite pour le voir s'y effondrer ; lui demander de prouver ce qui en lui est haï, redouté, digne d'apitoiement... et de le prouver à des gens qui le haïssent et qui, devant « la preuve », se contente­ront de dire « Ah bon... » et de suivre leur chemin.

Bien sûr, il est piégé : s'il renonce à prouver, à expli­quer, des foules entières vont piétiner sa mémoire, par ignorance ou par feinte naïveté. En fait, il a de quoi sortir du piège : les confronter à cette épreuve, comme étant la leur, au-delà des preuves. Mais ils peuvent l'éluder. Alors, au diable !... Le pire pour lui c'est de vouloir être irréprochable pour le pervers qui le harcèle, et qui lui demande... une vraie carte d'identité, un signe, une sorte (p.195) d'« étoile » indiscutable, qui prouve que son message est bon; le pervers se réservant d'y croire ou pas, et de mar­chander son accord : « Je veux bien vous croire mais accordez- moi, en échange, qu'Israël est un État raciste-Non? Non? Vous voyez, vous êtes sectaire ! » Dans cette scène, les Juifs deviendraient prosélytes d'eux-mêmes. Eux qui ont renoncé à « placer » leur message ou leur Dieu... Ils seraient acculés à sans cesse se justifier, à refaire chaque fois la preuve qu'ils sont en règle. D'ail­leurs l'abbé les accuse de n'être pas vraiment parfaits : leur ancêtre, Josué, il y a trois mille ans, n'a-t-il pas anéanti un petit peuple cananéen ? Pour peu qu'ils soient pris dans la culpabilité (et les Juifs y sont portés par voca­tion, toujours en faute envers eux-mêmes), le cercle se referme; infernal ou vicieux.

 

>> Cette scène perverse s’est produite, certes à un autre niveau, dans le forum des marcheurs de l’Association des Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse (www.amfesm.be ) (mystérieusement tombé en panne après quelques mois de discussions tendues – l’ensemble des messages échangés ayant « disparu »).

La dénonciation du souvenir napoléonien entretenu par certains dirigeants de compagnies avait engendré pas mal de violentes réactions négatives dans lesquelles on retrouve la technique d’étouffement développée dans la scène ci-dessus…

 

Dante Alighieri (1265-1321)

„Es ist lästig, bei selbstverständlichen Dingen noch Beweise zu finden.“

= « Il est incommodant d’encore trouver des preuves à propos de choses évidentes. »

 

 

Encore quelques citations :

 

« Socrate se situe aux antipodes du confort intellectuel, de la bonne conscience et de la sérénité béate. Pour tous ceux qui pensent que l’évidence de l’autorité doit l’emporter sur l’autorité de l’évidence, que l’ordre et la stabilité ne sauraient souffrir les crimes de non-conformisme et de lèse-société, Socrate ne pouvait être que l’ennemi de la Cité. »

 

(Brun Jean, in : Socrate, Ed. PUF, 1978, in : Apologie de Socrate, de Platon, Théâtre de Poche de Bruxelles, Dossier – presse, 1982, p.30)

 

Salman Rushdie (in : Humo 2005)

« Het grootste wapen van een schrijver is de waarheid en de integriteit van zijn stem. Zolang je alleen zegt wat je waarachtig gelooft, is het goed, wat de gevolgen ook mogen zijn. »  

= « La plus grande arme d’un écrivain est la vérité et l’intégrité de sa voix. Aussi longtemps que tu dis seulement ce que tu crois véridique, c’est un bien, quelle qu’en soient les conséquences possibles. »

 

Laotse (Lao-Tseu): 

Wahre Worte sind nicht angenehm,  (= les paroles vraies ne sont pas agréables)

angenehme Worte sind nicht wahr.   (= les paroles agréables ne sont pas vraies.)

 

C’était il y a … 2500 ans !

 

 

Réaction classique possible au contenu de ce blog :

 

Rien de neuf sous le soleil :

 

« La gauche recourut aux vieilles ficelles staliniennes : tenter de déconsidérer les auteurs au lieu de répondre à leurs arguments ; salir les personnes faute de pouvoir contester les faits. » (…)

 

(attribué à Jean-François REVEL)

 

La même attitude pourra ‘naturellement’ se retrouver parmi les inconditionnels de l’épopée napoléonienne…

"Plus jamais ça!" - Sans blague!   (cf un article ci-dessous tiré du journal espagnol à très grand tirage, El País, 28/02/2010 >)

Muñoz Ramón, Genocidas, EP 28/02/2010

 

andan a la grena los juristas sobre el procéder del juez Baltasar Garzôn por abrir un proceso contra los criminales del franquismo. Dejando al margen la suerte que corra el magistrado, llama la aten-ciôn la porfia paralela que se ha montado sobre la prescripciôn de los crimenes contra la humani-dad, pues a nada que se aticen en Google los mag-nos personajes de la historia, uno no encuentra sino una interminable dinasti'a de genocidas. Y, iquién los juzgô?

La propia historia esta escrita al dictado, cuan-do no directamente por la pluma de sus grandes carniceros. Sus crîmenes, lejos de condenarse, son sometidos luego a un impénitente revisionismo por los historiadores nationales (y nacionalistas), bajo el dogma infalible de que los genocidas que ganaron nuestras guerras se convierten automâti-camente en conquistadores y héroes, dejando si acaso a los perdedores el atributo de criminales.

Salvo pervertidos, nadie duda de que Hitler, ese irrisorio cabo de la I Guerra Mundial, fuera un malhechor sanguinario que condujo al mundo al horror. Pero seguro que tacharían de lunático al que dijera lo mismo de Napoleón, ese corso enano y resentido que, en nombre de la revolución, ahogó en sangre a Europa entera. Acaso el pequeño cabo —como también llamaban sus soldados a Bonaparte— no se proclamó legítimo salvador de Occidente e invadió la gélida Rusia, donde nada se le había perdido, dejando millones de muertos a su paso, como un siglo y medio después hiciera el caudillo del Tercer Reich? Y, sin embargo, no pue-dés andar dos manzanas en París sin ver su nom­bre o el de sus mariscales en algún letrero, monu-mento, o en la étiqueta de un vino o un coñac. ¿Imaginan que los vinos del Rin tuvieran la denominación de Goering o Himmler?

Estoy convencido de que la historia es un mero relato de crímenes de lésa majestad, desde la desaparición de los neandertales a manos de los homo sapiens hasta la última masacre tribal de Ruanda. Entre médias, alguien descubrió el fuego, la trigonometría, el arco de medio punto o la flsica cuántica. Pero el cemento que da consistencia a la histo­ria del hombre esta hecho de sangre y cuerpos descuartizados.

 

"No a la guerra", gritaban las ingénues contra Bush (y Aznar) cuando las tropas estadounidenses invadían Irak produciendo algún que otro daño colateral (muertos) entre la población civil. ¡Menuda novedad! Ocho siglos antes, Genghis Khan arrasó la ya entonces Persia musulmana —actuales Irán, Irak, Afganistán y varias repúblicas ex soviéticas—, con el asesinato en masa de poblaciones enteras (nifios incluidos) como las de las bellas Saniarcanda o Bujara. Hoy es el héroe national de Mongolia, le han erigido una estatua de 40 metros de altura y su efigie está en todas partes, desde billetes hasta latas de cerveza.

El fundador del Imperio Romano, Julio César, masacró a decenas de miles de galos y esclavizó a otros tantos, por mucho que los franceses se empefien en revisar su memoria histórica con esa patraña animada de Astérix y Obélix. Stalin asesinó al menos a 10 millones de compatriotas, la mayoría honestos comunistas y fieles combatientes del Ejército Rojo. Hoy su foto está manchando las calles de Moscú gracias al nuevo nationalisme de Putin y los suyos. Es inútil negarlo. El genocidio es nuestro pasado. Y hay sérias dudas de que no forme parte de nuestro futuro.

 

 

 

08:59 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

1 Aigle impérial et aigle nazi: une coïncidence remarquable / réflexion d'Erasme

0aaîgues

 

Erasme 

« Pourquoi l’aigle représente-t-il symboliquement les rois ? C’est parce que cet oiseau, qui n’est ni beau, ni musical, ni comestible, est carnivore, glouton et détesté de tous. »

in: Sondervorst F.-A.-,  Histoire de la médecine belge, éd. Séquoia, 1981, p.65

08:41 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

0 Théories raciales sous Napoléon et Hitler & l'Holocauste

0Holocause

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1 Hitler, émule de Napoléon

Hitler, émule de Napoléon

 

 

 « Les juifs sont comme des essaims de chenilles ou de sauterelles qui rongent le pays. »

Napoléon 

 

 

1 Napoléon vu par Claude Ribbe : « un criminel raciste », in : L’Histoire 61, 2005-2006, p.100-101

 

Selon l’historien Claude Ribbe, Napoléon est coupable à ses yeux de « l’extermination industrielle d’un peuple ». Dans son dernier livre, il le compare ainsi à Hitler.

Après le rétablissement de l’esclavage par la France en 1802, plus d’un million de personnes ont été vouées à la mort selon des critères ‘raciaux’ par Napoléon.

« Génocide perpétré en utilisant les gaz, citoyens mis en esclavage (250 000 Français, surtout antillais, guyanais et réunionnais), (…) escadrons de la mort, camps de triage (en Bretagne) et de concentration (sur l’île d’Elbe et en Corse), lois raciales (…). (p.100)

Il n’est pas étonnant qu’il ait servi de modèle à Mussolini qui a écrit une pièce à sa gloire ni surtout à Hitler qui vient de saluer le saluer d’un ‘Heil Napoléon’ aux Invalides le 28 juin 1940 », lors de sa visite à Paris.(…)

Napoléon a instauré une législation raciale qui annonce les lois de Nuremberg et qui interdisait aux Noirs et gens de couleur d’entrer sur le territoire français. Napoléon, par une circulaire honteuse du 8 janvier 1803, a interdit les mariages ‘entre un blanc et une négresse ou entre un nègre et une blanche’. Ambroise Régnier, le signataire de ce texte dicté par Napoléon, est au Panthéon.

2005L'Histoire61p100
 

2005L'histoire61p101

2 Ribbe Claude, Le crime de Napoléon, éd. Privé 2005

 

(p.200) En tant que premier dictateur raciste de l'histoire, Napoléon a sa part de responsabilité, non seulement pour tous les crimes coloniaux ultérieurement commis par la France, mais aussi pour tous ceux du nazisme qui s'est, à l'évidence, inspiré de l'Empereur comme d'un modèle.

(p.201) Au nom de ces héritiers de tous les martyres, res­tituer aux descendants des victimes de Napoléon la vérité qui leur revient, et qu'on leur refuse depuis deux siècles, c'est une manière de contribuer à en finir un jour avec le fléau du racisme dont Napoléon fut incontestablement, avec Hitler, l'un des plus ardents et des plus coupables propagateurs.

 

3 de Launay Jacques, Mais quelle différence y a-t-il entre Hitler et Napoléon ?, in : Echo 24/07/1975

 

Onze heures. un samedi sur l'autoroute. Une voiture... un  père... son fils, 11 ans. On parle puis le petit garçon sort cette question. Spontanée. « Mais au fond  on dit toujours que Napoléon était un bon et Hitler un mauvais. Quelle différence y a-t-il entre les deux?»Nous avons demandé la répon­se à l'historien Jacques de Launay qui vient de terminer sa prestigieuse « Histoire de notre Temps » par un bilan inédit de ses trente ans de recherches et de voyages aux quatre coins du monde, intitulé « Les Grandes Décisions de la deuxième Guerre Mondiale ». Voici donc cette réponse. Il est trop simpliste de faire de Napoléon «le bon» et de Hitler « le mauvais». Il y a certes des points de comparaison. Cette volonté les a amenés à la guerre pour briser les oppositions et réduire les adversaires. Napoléon s'était fait le champion des idées de la Révolution Française. Hitler, celui des idées de la Révolution nationale-socialiste. Ces idées étaient" positives, permettant la réforme de l'organisation économique et sociale dans un esprit d'égalité jusque-là inconnu. Il s'agissait de progrés dans l'ordre. Et tous les pays étrangers jugeaient nocives les idées de la Révolution française comme celles de la Révolution nationale-socialiste. Cette réforme, acceptée par les Français sous l'Empire ou par les Allemands du Ille Reich, fut  exportée au moyen de guerres qui ont fait 3 millions de morts européens avec Napoléon, 18  millions de morts avec Hitler. Et cela plaide évidemment contre eux. A-t-on le droit pour imposer a ses idées, même bonnes, de jeter ainsi son épée dans la balance? Surtout que les causes de ces guerres sont discutables! Ce qui trouble les esprits, trente ans après, 1945 ou 1975, ce sont à la fois les récits des anciens combattants qui em­bellissent les faits en supprimant les ombres et tissent la légende et l'étrange reconnaissance qu'ont les hommes pour les héros qui leur ont fait dépasser leurs limites, les obligeant à des efforts surhumains. D'autres analogies ap­paraissent : le projet avorté de débarquement en Angleterre, la campagne et la défaite de Russie, et surtout sur le plan in­térieur la répression de l'opposition (complots de Cadoudal et de Malet ou conjuration du 20 juillet) et à l’ extérieur, la lutte contre les résistances nationales. La répression policière napoléonienne est sans commune mesure avec la répression policière hitlérienne, mais les forces militaires engagées n'étaient pas les mêmes : un million d'hommes sous Napoléon en 1813, trois millions et demi sous Hitler en 1941. Ce rapport de 1 à 3,5 se retrouve dans les chiffres de la population, mais les camps de Hitler ont vu périr sept millions d'hommes.Napoléon vivant en 1940 aurait-il agi comme Hitler? C'est improbable, mais la question reste sans réponse et toutes les conjectures sont permises. Con­statons que l'héritier de la Révolution française ne pouvait enterrer les libertés individuelles comme le fit Hitler. Par lleurs, l'effort extraordinaire que ces deux hommes ont obtenu de leurs concitoyens a laissédes traces durables, positives : le Code civil, la Sécurité sociale, la centralisation de leurs Etats, les routes et autoroutes, etc., mais tout cela ne pouvait-il être acquis sans guerre interminable, sans arbitraire policier? Napoléon III et Bismarck n'ont-ils pas laissé eux aussi des bilans très positifs sans ces abus? A Rome, la dictature était jugée souhaitable en période de crise grave, votée par le Sénat, et limitée dans le temps : quelques jours, quelques mois ou quelques années. Napoléon et Hitler prenant leurs retraites en 1810 ou fin 1938 auraient laissé le souvenir de pères du peuple. Il me semble que c'est le pouvoir personnel, absolu, ac­centué par l'égocentrisme, qui a tout gâté. Napoléon et Hitler, ces deux extraordinaires meneurs d'hommes, réalisateurs exceptionnels, ont provoqué eux-mêmes leur échec. Mais si Napoléon se retira à temps (sic), Hitler commit le crime impardonnable de vouloir en­traîner son peuple dans sa chute.

 

  

4 Vaute Paul, Napoléon coupe la France en deux, LB 03/12/2005

 

L'Empereur belliciste se trouve depuis longtemps au banc des accusés. Un ouvrage consacré au sort des colonies pousse le bouchon encore plus loin. On y parle de "génocide perpétré en utilisant les gaz"... Heil Napoléon! Du côté des contempteurs, on brandit surtout un ouvrage sorti jeudi et qui pousse le bou­chon au plus loin. Intitulé "Le Crime de Napoléon" (éd. Privé) et soutenu par des associations de la France d'outre-mer - qui ont annoncé une manifestation ce samedi "contre le révision­nisme historique" -, il dénonce le "rétablissement", en 1802, de l'esclavage (qui avait été aboli, plus formellement que réelle­ment, par la Convention en 1794) ainsi que la répression de la révolte des Noirs d'Haïti, alors colonie française. A en ju­ger d'après le résumé et les ex­traits donnés par l'agence France-Presse, le réquisitoire fourmille de parallèles avec le nazisme: "Cent quarante ans avant la Shoah, y lit-on, un dic­tateur, dans l'espoir de devenir le maître du monde, n'hésite pas à écraser sous sa botte une par­tie de l'humanité." Il est aussi question d'"une vaste opération de nettoyage ethnique" à Saint-Domingue et même d'un "génocide perpétré en utilisant les gaz", toujours sur l'ordre de celui que Hitler, après la défaite de la France en 1940, alla sa­luer d'un "Heil Napoléon !" aux Invalides. Les guerres dont l'Empereur porta la responsabilité, les exac­tions des troupes qu'il cau­tionna de l'Atlantique à l'Oural, son indifférence au coût humain de ses entreprises mégaloma­nes ("Une nuit à Paris réparera tout cela", déclara-t-il un jour de­vant un champ de bataille jon­ché de cadavres)... : ces sombres aspects ont été amplement mis en lumière dans l'historiogra­phie hexagonale des dernières années, sauf exceptions.

 

 

 

 

5 www.clionautes.org/spip.php?article1518

 

Jean-Paul BERTAUD
Quand les enfants parlaient de gloire, l’armée au cœur de la France de Napoléon
Paris, Aubier Collection Historique, 2006, 460 p, notes, index et cahier iconographique.

mardi 21 août 2007, par Guillaume Lévêque

 

Ces enfants hantés par la gloire de leurs devanciers, ce sont ceux qui, frappés par la malédiction d’être nés trop tard, constitueront la phalange romantique. Jean-Paul Bertaud, universitaire spécialiste des soldats de la Révolution et de l’Empire, a voulu mettre en perspective cette nostalgie guerrière et en décrypter les racines. Cet ouvrage est le fruit de ses investigations. L’évidence d’une France napoléonienne où priment les militaires pourrait sembler borner le propos à une simple production commémorative, dans le flux d’un bicentenaire d’ailleurs d’autant plus occulté en France qu’il fait événement à l’étranger. La réflexion des futurs historiens des commémorations à la française s’annonce riche en paradoxes passionnants ! Or, au-delà de ces contingences, la synthèse proposée par Bertaud, qui fait le point sur les acquis de l’histoire socio-culturelle des armées impériales, a également le grand mérite de prendre le pouls de l’imprégnation de la société civile par les valeurs, les représentations et les rythmes du monde militaire. La rue, l’école, les loisirs, les cultes et les arts se mettent alors tous à marcher au pas cadencé des grognards.

Professeur émérite à la Sorbonne, J.P. Bertaud est un des meilleurs spécialistes actuels de la Révolution et de l’Empire. Il a consacré une partie importante de ses travaux à l’armée qui est, de longue date, un de ses champs de prédilection. Ses travaux sur les soldats de la Révolution et de l’Empire sont d’ailleurs des références historiographiques incontestées. Élargissant cet angle d’approche, son dernier ouvrage en date est une synthèse envisageant la militarisation de la société française et de ses valeurs sous le Premier Empire. Il est placé sous le signe du spleen de la génération romantique, dont témoignent les élans mélancoliques d’un Vigny ou d’un Hugo. Leurs états d’âme ne sont-il pas le fruit du regret d’être restés en marge, parce que trop jeunes, de la grande épopée de leur siècle ? Thème rebattu, supposera-t-on, eu égard à la saturation séculaire du culte éditorial de Napoléon et de ses braves, relancé par le contexte du bicentenaire. Or, combinant ici les apports de la recherche récente et de références documentaires encore inédites puisées dans les archives et les imprimés d’époque, J.P. Bertaud parvient à élargir le prisme d’un chantier a priori saturé.

 

 

0Napoarmée
 

 

L’adhésion à un chef de guerre repose en bonne partie sur le lien rhétorique. Le rapport de Napoléon à la paix et à la guerre à travers ses discours de légitimation est donc le premier champ analysé. Puis, c’est la société militaire qui est ensuite passée au crible. La gratification est à la mesure des périls s’agissant des maréchaux, généraux et officiers. Leurs perspectives de carrière, leurs risques et pratiques de la guerre, leur système de l’honneur et la place globalement avantageuse qui leur est faite dans la pyramide sociale sont évoqués tour à tour. Ce tableau a pour contrepoint le regard jeté sur les hommes de troupe, au détriment de qui la balance est foncièrement défavorable. Au fardeau de la conscription et aux périls de la guerre, s’ajoutent les enjeux du retour à la vie civile, entre difficultés de réadaptation, réinsertion matrimoniale, statut précaire de "l’armée morte" des invalides, infirmes et déments de guerre, sans oublier le cas des veuves et des orphelins. Ce propos, très maîtrisé et très balisé par l’appui d’une historiographie étoffée, est le socle d’un panorama plus inédit brossant l’imprégnation du monde civil par les références guerrières.

 

Car l’horizon belliqueux qui est celui du système napoléonien nécessite un appui social constant et à la mesure des besoins humains et matériels croissants de l’effort de guerre. Pour ce faire, se déploie tout un éventail de modèles, discours et formes. Les modèles, ce sont d’abord ceux du culte de l’honneur, dans la perspective duquel la création de l’illustre décoration éponyme est conçue comme un paradigme de référence autant que comme une récompense. Ce sont aussi ceux de la pédagogie militarisée des lycées impériaux, viviers de futurs serviteurs de l’état. Les cérémonies de remise des prix s’avèrent de redoutables communions civiques et patriotiques. Les discours sont ceux de la propagande anglophobe (où Albion s’incarne en nouvelle Carthage) et de la "théologie de la guerre" professée unanimement par tous les cultes, à la fois reconnus et asservis. Les célèbres Bulletins de la Grande Armée, que Bertaud interprète judicieusement comme une Illiade napoléonienne, sont le vaisseau amiral d’une profusion d’écrits de presse empressés et de pensums de littérature sous les armes. Le théâtre se mue en un véritable "ministère de la gloire", où la guerre et la vie des camps sont des thèmes ou des décors fréquents du spectacle. Le quotidien se meuble d’objets en uniforme : petits soldats en papier pour les enfants (instruments des premières exaltations des jeunes Alfred et Victor ?), objets décoratifs ou utilitaires à motifs militaires, sans négliger le premier "jeu de guerre" sur plateau, conçu par l’éditeur parisien Cramer !

 

La mobilisation par les formes prend de multiples apparences. Les parades et défilés militaires qui arpentent l’espace public, mais aussi les cortèges d’ennemis captifs, métaphores vivantes de la gloire des armées françaises, en sont une déclinaison. Musique militaire, montreurs d’images et chants populaires assurent l’omniprésence sonore de la geste guerrière nationale. "Ministre de la gloire", Vivant Denon incorpore les arts au service de l’épopée et de l’empereur. Les peintres des batailles sont patronnés par le pouvoir mais, en contrepartie, leur pinceau est lié par des consignes esthétiques qui escamotent l’horreur sous le sublime. Musée et Salons sont d’accès libre et drainent tambour battant des foules de toute origine sociale venues s’imprégner de ces reflets de guerre. Publications critiques et gravures en assurent la diffusion vers la province. Architecture et sculpture sont aussi enrôlées pour dédier des lieux de mémoire à l’héroïsme national. Il en demeure quelques monuments parisiens marquants (Panthéon, Arc de Triomphe, Colonne Vendôme) et quelques tombes du Père Lachaise, ouvert en 1804.

 

Cette militarisation de l’imaginaire public, mi-spontanée (dans le sillage de l’élan patriotique révolutionnaire) mi-construite, a cependant ses réfractaires. C’est sur cette résistance que se conclut l’ouvrage : insoumission, désertion, démotivation de l’opinion face à la guerre perpétuelle et enfin la fragilité de l’adhésion aux Cent Jours en sont les symptômes. Ce choix reflète bien les sentiments avec lesquels l’historien Bertaud, bon médiateur de la sensibilité actuelle, contemple l’instant napoléonien : un mélange indissociable de répulsion, face à une mécanique de coercition et de mort, et de fascination, inspirée par le souffle intense d’un moment de grandeur confinant au mythe. L’amplitude novatrice du propos, la richesse de ses exemples, la clarté de la pensée et de la rédaction confèrent à ce volume tout à la fois les qualités d’une synthèse de référence et celles d’un ouvrage grand public. Les étudiants en feront un profit évident, dont les enseignants ne peuvent eux aussi que tirer parti. Ils y vérifieront combien, portée par les passions, la guerre est un fait de société total bien avant les conflits de masse de l’ère industrielle.

 

6  http://raphael.afrikblog.com/archives/2007/04/12/4609397....

 

 

 

      Pourquoi Hitler admirait Napoléon

                                                                                                                                                                                  

               L’amour des Français pour Napoléon est bien connu. Différents sondages le place parmi les personnalités historiques qu’ils préfèrent. Depuis plus d’un siècle, les historiens de la République et les hommes politiques n’ont de cesse de le glorifier contribuant ainsi  à le populariser. 

               Mais depuis quatre ou cinq ans, la belle machine de propagande semble manquer d’entrain. Tout le monde sait que pour la grandeur de la France – et aussi pour sa gloire personnelle – Napoléon s’était lancé avec violence dans la conquête de l’Europe. Mais aujourd’hui, plusieurs pays européens - notamment l’Espagne qui a souffert des massacres napoléoniens - se permettent de le rappeler aux français. Ainsi, de temps à autre, certains Allemands ne se privent pas de signaler à la France que Napoléon est un dictateur au même titre que Hitler. Aux français qui leur reprochent de célébrer la grandeur historique de leur dictateur, les groupuscules allemands nostalgiques du Führer répondent qu’ils ont Hitler et les Français Napoléon. Quelle injure ! Et les Espagnols n’oublient pas que leur guerre d’indépendance fut livrée contre Napoléon qui voulait installer son grand frère sur le trône d’Espagne. Chez eux, la toile de Goya, Tres de Mayo, qui relate la boucherie napoléonienne à Madrid est aussi célèbre que Guernica de Picasso.    

               Voilà donc Napoléon de plus en plus controversé au moment où l’Europe recherche plus de cohésion et des idéaux à partager.  

               Cependant, il me semble que ce n’est point le rapprochement de l’expansionnisme et la volonté de puissance de Napoléon de ceux de Hitler qui met le plus mal à l’aise historiens et hommes politiques français. S’il est vrai que les autres Européens se permettent sans ménagement de dire aux Français que leur idole est un dictateur sanguinaire comme tout autre, il me semble que le plus beau coup porté au petit homme vient surtout d’un courageux fils de la France. En effet, avec la publication de son livre Le Crime de Napoléon, Claude Ribble a révélé à la face de la France ce que tous les historiens et hommes politiques de l’hexagone ont caché au peuple depuis toujours. Désormais, le commun des français commence à se poser des questions. Grâce à Claude Ribble, les Français commencent à se demander si les Allemands n’ont pas raison de leur dire qu’ils doivent aussi avoir honte de leur dictateur. 

Napoléon le bourreau des noirs inspire Hitler

En effet, avant Hitler, Napoléon a commis l’impardonnable. Franchement, que resterait-il aujourd’hui de la renommée de Hitler et de l’histoire même de la seconde guerre mondiale si celle-ci s’était limitée à des tueries sur les différents fronts ? Je crois sincèrement que très vite les romans et les manuels d’histoire en auraient fait le tour, et l’opinion publique les aurait déjà classées comme un objet du passé qui ne doit pas interférer dans le présent. Mais si cette guerre et son acteur principal restent très vivants aujourd’hui encore dans la mémoire collective, c’est parce que des hommes, des femmes et des enfants ont été convoyés dans des lieux précis pour être gazés, pour connaître en masse une mort certaine. Cette guerre reste un événement affreux dans l’histoire de l’Humanité parce que des hommes, des femmes et des enfants ont été victimes d’un « programme » établi par les autorités supérieures d’une armée d’état. Et c’est véritablement le fait essentiel qui reste collé à Hitler comme un crime impardonnable.

Dès lors, on peut dire que, si Hitler était un fervent admirateur de Napoléon, ce n’était point pour son expédition en Egypte ni pour le code civil français dont il aurait été l’inspirateur, ni pour le charme des couleurs vives de l’uniforme de son armée. Son admiration pour Napoléon tient à son génie d’avoir inventé les chambres à gaz en Haïti et en Guadeloupe. Cette planification de la mort infligée aux noirs, et rapportée dans de nombreux récits des contemporains du petit dictateur, a séduit Hitler. Celui-ci tenait là, dans cette invention simple et radicale, la clef finale de son combat contre des gens qu’il n’aimait pas mais qui ne portaient pas des armes pour lui offrir le plaisir de les défaire. Napoléon Bonaparte est donc de ce point de vue le père spirituel de Hitler. D’ailleurs, en 1940, le Führer  est venu méditer longuement sur la tombe de son idole à Paris, aux invalides. Il a même poussé le zèle jusqu’à y faire inhumer, la même année, le fils de Napoléon, François Bonaparte (connu sous le nom de Napoléon II, « l’aiglon ») comme cadeau à la France.  

Mais combien de Français, combien d’Africains savent-ils cela ? Depuis toujours, les historiens français nous ont fait croire que c’est la volonté de puissance et les conquêtes de Napoléon qui ont séduit Hitler. Il m’a fallu lire le livre de Claude Ribbe pour  comprendre que cette admiration reposait sur l’invention d’une méthode diabolique ignorée jusqu’alors : confiner des hommes, des femmes et des enfants dans un espace et les asphyxier. Comme dirait Christophe Colomb, « c’est simple, mais il fallait y penser. »  

Raphaël ADJOBI

 

 

 

08:30 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

1 Napoléon: le vrai visage

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08:26 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |